
Djerba : l’artisanat traditionnel en danger ، urgence de sauvegarder un patrimoine vivant
- Habib ouja
- 5 août
- 2 min de lecture
La crise des métiers artisanaux à Djerba s’aggrave et met le patrimoine culturel face à un réel risque de disparition. Le nombre d’artisans diminue, certaines pratiques s’éteignent comme le tressage des cordes de "ghrara" et de "drayen" tandis que d’autres survivent difficilement, à l’image de la fabrication des nattes.
Les matières premières se raréfient (laine, jonc, palmes), et les chaînes de production se fragmentent : lavage, tannage, cardage, filage… autant d’étapes qui s’affaiblissent et freinent tout le cycle artisanal.
Parallèlement, les marchés sont envahis par des produits industriels et importés : nattes en plastique, cordes manufacturées, paniers métalliques, laine synthétique… ce qui réduit l’intérêt pour les produits traditionnels. Le rôle des femmes, longtemps au cœur de cette production, recule également.
En l’absence d’une stratégie nationale claire et face à un soutien matériel et logistique insuffisant, les coûts augmentent et les jeunes se détournent de ces métiers.
Une vision globale pour sauver l’héritage
Sauver cet héritage exige une vision globale, au-delà des solutions ponctuelles tel que soutenir les artisans, multiplier les opportunités d’exposition et de vente, et créer des espaces permanents de commercialisation.
Il est aussi essentiel de mettre en place des filières de formation professionnelle liées à l’artisanat afin d’assurer la transmission des savoir-faire, tout en motivant les jeunes grâce à des programmes qui relient patrimoine et innovation.
Le spécialiste Tayeb Zioud insiste sur la nécessité d’intégrer les métiers menacés dans les parcours de formation et de qualification, et de les inscrire dans toute réforme éducative à venir.
Le marketing digital ouvre de nouvelles perspectives, tout comme le lien avec le tourisme qui renforce la valeur des produits. Le financement alternatif, les partenariats avec le secteur privé et l’action de la société civile peuvent, eux aussi, consolider les efforts de protection et de soutien.
L’artisanat traditionnel n’est pas seulement une production : c’est une mémoire collective et une identité culturelle. Une prise de conscience commune peut garantir sa continuité et faire de sa renaissance un investissement dans un avenir où l’authenticité rencontre la modernité.



Article très intéressant et très bien écrit.
L'artisanat fait partie de nos racines, il faut faire le maximum pour le sauver.