
Les habitants de Djerba à travers les waqfs ibadites et le hekdesh de la synagogue de la Ghriba
- Habib ouja
- 16 juin
- 2 min de lecture
Le livre « Les habitants de Djerba à travers les waqfs ibadites et le hekdesh de la synagogue de la Ghriba », a été publié en 2018 par Mohamed Meriemi, offre une vision vivante de l’histoire sociale et religieuse de l’île en analysant les institutions du waqf ibadite et malikite ainsi que le hekdesh de la Ghriba chez les juifs. L’auteur ne se limite pas à les décrire comme des instruments religieux ou charitables, mais les présente comme des mécanismes de recomposition sociale et de régulation identitaire, transformant les ressources individuelles en capital collectif garantissant la continuité des institutions à travers les générations. L’étude montre le passage du waqf ibadite d’une forme orale communautaire à des documents écrits sous l’influence du malikisme, et la manière dont les Djerbiens de la diaspora ont reproduit le système de l’azaba pour préserver leur identité. Le hekdesh de la Ghriba, quant à lui, a évolué d’un cadre coutumier interne vers une institution légale puis un symbole sacré unifiant la communauté et renforçant la coexistence avec les musulmans, grâce à la gestion des biens et des ressources par des comités locaux tels que la « komita ». L’ouvrage souligne que waqf et hekdesh ont constitué ensemble une garantie de continuité des institutions traditionnelles, un espace de coexistence et un outil de résistance, l’autorité centrale ayant utilisé les valeurs malikites pour intégrer les groupes locaux tandis que les ibadites et les juifs mobilisaient leurs institutions pour préserver leurs spécificités et résister à la marginalisation. La singularité de Djerba apparaît aussi dans une forme particulière de propriété, le « sijil », clé de compréhension de la structure juridique et sociale qui soutient ces institutions. Certaines lectures ajoutent une dimension critique en notant que le système juif du hekdesh a montré une plus grande résilience grâce à la confidentialité des contrats, alors que l’abolition du système des habous a fragilisé davantage le waqf islamique, surtout malikite. Ainsi, le livre conclut que ces institutions ont conjugué dimension symbolique et dimension pratique, produisant à la fois des formes de coexistence et des formes de résistance, ce qui en fait une référence essentielle pour comprendre la pérennité des institutions traditionnelles et la construction de l’identité collective dans l’île de Djerba.



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